02/05/2015

la dispairition du secret bancaire n'est pas anecdotique !

 

Non ! la disparition du secret bancaire suisse n'est pas anecdotique. Oui ! Ce sont certaines banques, en tête les deux Grandes suisses, qui depuis 2000 l'ont sciemment violé de manière astucieuse, industrielle, en abusant du secret bancaire pour couvrir une fraude fiscale condamnable partout à commencer par la Suisse. Non ! ce n'est pas pour couvrir la fraude fiscale que le secret bancaire a été créé en 1934, mais pour protéger la sphère intime de la personne politiquement persécutée et potentiellement atteinte dans sa dignité. Oui ! la culture du secret bancaire est d'origine huguenote, remonte au XVIIème siècle et a pour but le respect de la sphère intime. Et maintenant ? La Suisse a cédé aux Américains (accords FATCA): elle livre jusqu'à la sphère intime de la clientèle bancaire, avec libre accès aux cadres intermédiaires, employés de banque, avocats, fiduciaires, externes à la banque et en lien avec elle, sans qu'il y ait réciprocité, ni faute avérée en Suisse ! Avec cette conséquence que toute personne identifiée comme ayant été peu ou prou en lien est considéré a priori suspecte et doit prouver son innocence. Ce qui renverse le principe du fardeau de la preuve, principe ancré dans la culture continentale et sans que les Américains n'aient à offrir la réciprocité !

 

Et qu'en est-il des 34 membres de l'OCDE ? Eh bien ils devront eux à la Suisse la réciprocité sur le plan du principe, (Accords GAFI, OCDE), UE mais c'est un leurre : les données fournies automatiquement par la Suisse auront la qualité et la précision d'une montre de haute horlogerie y compris l'adresse de l'ayant-droit. Non seulement des Nations comme Etats-Unis, Angleterre (mais aussi  France, Espagne Portugal, etc. dans une plus étroite mesure) ne remettent pas en cause leurs propres privilèges fiscaux, bien au contraire,  mais en plus les données qu'ils livreront à la Suisse seront largement moins nombreuses que l'inverse (les banques suisses sont les premières du monde en gestion off-shore). La Tchéquie par exemple a compris : elle noie le système de données innombrables et non fiables. On nous promet en outre que seul le fisc aura l'accès à ces données, mais on mentionne aussi que pour raison d'Etat tout usage autre de ces mêmes données est réservé. Et il en ira exactement de même entre citoyens et résidents suisses avec leurs banques dès 2017-18. Si tel n'est pas le cas, la Suisse se laissera encore condamner pour discrimination entre clientèle étrangère et suisse comme cela est le cas pour la fiscalité des entreprises.

 

Non ! la perte du secret bancaire n'est pas anecdotique, c'est la perte d'une culture faite d'une tradition d'éthique et du respect de la sphère intime, de la dignité. C'est aussi pour la Suisse une perte de souveraineté qui est une grande première !

 

Entendre hier la nouvelle ambassadrice américaine en Suisse Suzi LeVine proclamer qu'il est temps de tourner la page, alors que rien n'est résolu, sinon que nos banques cèdent et paient, que tout commence pour les cadres moyens, employés, avocats, fiduciaires, est une nouvelle illustration de cet impérialisme américain qui remonte au 11 septembre 2001 et qui, notamment via le dollar et l'ingénierie spéculative, exprime un nouvel imperium mondial.     

 

19/03/2015

la Grèce et les autres, Messie ou Schwarze Peter ?

 

Les Grecs seraient-ils devenus revanchards, populistes, ou politiciens amateurs ? réclamer à l'Allemagne des dommages de guerre ! pourquoi pas à Istanbul les dommages du Traité de Lausanne de 1923, ou des 450 ans de dhimmitude ottomane quand l'Islam les traitait en sous-hommes ? cette prétention, qui n'a pas de valeur en droit est politiquement empoisonnée car elle attente au cœur des deux peuples allemands et grecs, à ce qui fait leur dignité. La Troïka des fonctionnaires européens, brillants technocrates cravatés, de 2011 à 2015 a bafoué un Etat-nation, sa souveraineté, ses droits démocratiques, en bref le peuple grec, son sens de l'honneur, sa dignité. Bien sûr que la Grèce a des politiciens corrompus, que l'Eglise ne paye pas d'impôt (elle commence à payer la taxe cadastrale), que l'évasion fiscale est l'apanage de tous, riches et pauvres, à très large échelle, que la Grèce a falsifié ses comptes pour avoir les Jeux Olympiques avec la complicité d'une banque américaine tristement célèbre depuis 2007, mais on ne change pas la mentalité d'un peuple à court terme et en tous cas pas en l'humiliant, de surcroît un peuple dont l'identité culturelle, qui remonte à quelque trois mille ans est l'une des matrices de l'identité occidentale ! de même attaquer les Allemands et personnellement certains de ses dirigeants, alors que c'est l'ensemble des Européens (à l'exception de la France ramollie parce qu'elle est la prochaine malade de la Zone euro et que ce sont ses banques qu'on a sauvées en prêtant à la Grèce) c'est faire fi de la réalité à l'endroit de tous, à commencer par les Grecs. Le Schwarze Peter, cela ne trompe personne et noircit tout son monde. Le mieux serait le grexit et le retour à la drachme, de même pour l'Allemagne le retour au Mark. L'Euro est un leurre maintenu artificiellement au goutte à goutte. Depuis longtemps l'Allemagne notamment, comme la Suisse l'a fait, aurait dû réévaluer et les pays du Sud dévaluer. Ce déni de la réalité économique coûtera cher. Un retour au bon vieux Serpent monétaire, une pincée d'inflation bien contrôlée, voilà la solution et pour la Zone euro et pour la Suisse. A moins que les Etats membres ou les 19 de la Zone décident cette année, et pas plus tard, d'intégrer leurs politiques budgétaires et fiscales. Mais voilà, le Schwarze Peter, ce n'est pas la personnalité, le leader, le prophète à la Churchill, ou à la de Gaulle dont on aurait besoin. Un miracle en l'absence de messie, peut-il avoir lieu ?  

 

23/12/2014

François, les marchands du Temple et les pharisiens de la Curie

 

Le pape François -l'avez-vous écouté aujourd'hui ?-, a quelque chose d'un prophète de l'Ancien Testament. Ces hommes modestes qui ne parlaient pas en leur nom, mais en celui du Seigneur et qui dénonçaient dans leur juste colère les bien-pensants d'Israël, s'attirant leur fureur. François a quelque chose de Jésus qui explose de colère devant les marchands du Temple et autres Pharisiens. Aujourd'hui la voix du Seigneur, c'est le pape qui la répercute, avec sa colère contre la Curie romaine et ses Cardinaux, modernes marchands du Temple et autres pharisiens de service. Les Pharisiens et la Curie revendiquent la propriété de l'Esprit faisant de lui cet albatros que ses ailes empêchent de marcher. Quel bien tu nous fais, prophète François, quand tu nous parles, nous voilà à nouveau libres dans l'Esprit ! Joyeux Noël  toi, prophète François !