05/04/2016

Panama-papers tintamarre ? esbrouffe ?

Tintamarre à Panama, esbroufe médiatique dans le monde, rien de nouveau sous le soleil, les faits jusqu'ici révélés sont archi-connus, avec l'exception piquante de quelques noms offerts en pâture (ce n'est que juste pour eux, mais pourquoi pas tous ?). C'est là le problème : procédures et sociétés dénoncées sont pour la plupart légales, et les avocats ont pour la plupart fait bien leur travail, comme les fiduciaires, et les intermédiaires, certes tels les pharisiens de l'histoire. Parce qu'il y a le droit, et puis il y a ce qui est juste et ce qui est injuste. Quand la loi est ici respectée (elle ne l'est pas toujours) l'éthique ne l'est pas. Mais cela dépend des avocats, même chez nous, oui, en Suisse. C'est une question personnelle. Et les banques ? Noli me tangere, répondent-elles, nous avons nettoyé nos écuries ! et elles ont raison en ce qui les concerne directement. Le problème c'est l'ignorance générale de cette architecture légale entretenue, développée, poussée jusqu'à l'art byzantin par la dynamique d'un véhicule financier scientifiquement développé, déréglementé, mondialisé, qui croît vers l'infini depuis la crise de 2007-2008. Ces lois sont pharisiennes et c'est elles qu'il faut changer, avec la mentalité qui les nourrit. Et si vous ne le faites pas partout de manière comparable, il se présentera toujours une vanne grande ouverte par laquelle s'échappera le flot financier, instantanément, goulument, anonymement, universellement. Ainsi en va-t-il de l'échange automatique de données : un leurre tant que toutes les places les plus sûres, les plus prisées aux USA, en Angleterre et Condominiums, en France et Colonies ou Principautés, etc. etc. ne répondent aux critères de qualité helvétique quant à la définition de la personne en chair et en os qui est l'ayant-droit économique final. Et ce n'est de loin pas encore le cas. Alors Panama-papers, tintamarre ? Esbroufe ? Attention à ce que ces coups d'épée spectaculaires ne détournent pas l'attention des vrais problèmes. Et puis SVP, cessez, vous les Journalistes, de parler de la Place helvétique éclaboussée, et choisissez mieux vos enquêteurs : le monde a changé, nous sommes dans un état de remise en question, je dirai de guerre financière et économique permanente. Vous êtes trop gentils, trop bien élevés, avec Panama-Papers.