17/03/2016

RIE III à la vaudoise : de quoi je me mêle depuis l'Uni de Fribourg ?

Un professeur de macroéconomie de l'université de Fribourg livre, dans Le Temps du 16 mars, son opinion sur la réforme vaudoise de la fiscalité (RIE III), la réforme modèle que Pascal Broulis a lancée en son temps suivi de la totalité des cantons suisses, faisant preuve d'expertise, de rigueur, de courage, d'ingéniosité, de politique consensuelle, de vision stratégique, bref de ce cocktail qui fait si cruellement défaut en Suisse depuis la crise de 2007 - 2008. Et que dit-il ce professeur qui n'est rien moins qu'ordinaire ? que les hypothèses sont héroïques (c'est pourtant un prof d'économie, pas de lettres), que toutes les hypothèses ne pourront pas se réaliser en même temps (c'est évident), qu'il n'est pas possible d'estimer le pertes fiscales sur la base d'observations récentes (mais alors sur quelles observations ?), que les variables sont trop nombreuses (comment font alors les macro-économistes ?), qu'il "apparaît vraisemblable que le Conseil d'Etat vaudois sous-estime largement" (une critique gratuite en même temps que prudentissime, bref un tantinet perfide), qu'il "n'y aura pas le même nombre d'entreprises à l'avenir que dans le passé" (autre affirmation gratuite style Madame soleil), qu'il aurait fallu considérer "un éventail de scénarios suffisamment large pour réduire à une marge d'erreurs raisonnable l'incertitude caractérisant l'avenir" (à ce train-là on ne décide plus rien en ces temps de crise avec l'UE, l'OCDE, les USA sur le plan fiscal et libre circulation), et enfin qu'"il n'est pas impossible qu'en 2019 un nombre important d'entreprises, ainsi que leurs cadres auront quitté le canton de Vaud à la suite de la diminution de l'attrait du canton" (cette déclaration mérite une plainte pénale en diffamation...boutade de ma part...en tous les cas elle ne paraît pas à l'honneur d'un scientifique). En quoi ces bases de jugement de notre professeur seraient-elles différentes que celles d'un mauvais procès ? Elles ne sont en tout cas pas de la qualité de celles du Conseil d'Etat vaudois. Il est dommage de sentir ce manque d'anticipation, cette frilosité et pour tout dire cette subjectivité. Surtout venant d'un éducateur d'une prestigieuse université suisse

12/03/2016

Touche pas à ma BNS !

"Si la banque centrale vous dit qu'elle va dévaluer la monnaie demain, ne la croyez surtout pas", dixit feu le professeur d'Economie-politique bien connu François Schaller, qui a formé des générations d'économistes à Lausanne et qui a été membre du Conseil de la BNS. Pourquoi ? Tout simplement parce que si sa décision ne prend pas le public par surprise et à revers, elle sera anticipée par tous et sera comme un coup d'épée dans l'eau.

Tout le monde le sait, sauf bien entendu Me Walter Richter, avocat autrichien qui entend bien faire son beurre sur le dos de nous autres les Suisses, puisque nous nous sommes montrés si naïfs que nous avons cédé sans discussion ni réciprocité (Merci Madame Widmer-Schlumf), face aux Américains avec le renversement de la présomption d'innocence en matière de gestion de fortune (Accords FATCA), à l'OCDE et à l'UE en ce qui concerne l'échange automatique des données pour les personnes physiques et bientôt des sociétés, l'accord sur l'électricité, sur les denrées agricoles, j'en passe et des meilleures.

Que cet avocat autrichien tente de mettre à profit notre faiblesse révélée depuis avant la crise de 2008 pour s'attirer des honoraires, c'est une chose, mais cette fois réagissons et rappelons ce que sont les principes d'une Banque nationale indépendante. Ne laissons pas la nôtre entrer dans la tourmente comme on l'a fait pour nos banques, Swissair, etc. il est pour commencer dommage que Le Temps n'aie pas déjà pris position dans l'édition de ce week-end !

On peut certes penser que Jean-Pierre Dentine faisait preuve, lorsqu'il était en poste, d'une politique de communication en général plus tournée sur lui-même qu'il n'est de coutume pour les représentants de la BNS, toujours très modestes, mais ce n'est pas l'homme qui est en cause, c'est l'Institution.