28/06/2015

Grexit, paradoxe ou comble du comble ?

 

Comble ou paradoxe ? Enfin le peuple grec se prononce sur son destin et la manière de le gérer, et voilà que les démocraties européennes paraissent surprises, irritées, comme si ce droit n'existait pas ! Voici les technocrates de l'UE, de la BCE, du FMI, tous détenteurs de la Vérité,  désemparés parce que pris à leurs propres contradictions. Pire, à leur cynisme : qu'est-ce que, disent-ils depuis 2010, l'importance de la Grèce et de son PIB au sein de la zone euro ? Peanuts : 2.3 %. Qu'elle sorte (Grexit) ! Et les créanciers à l'origine de ces prêts inconsidérés avant 2008 (les banques françaises avant tout, comme Paribas, Crédit Agricole, etc.) ne jouent-ils pas sur le velours maintenant que leurs créances sur la Grèce ont été reprises par les Etats et la BCE (merci aux contribuables européens) ? Et puis faire accepter des mesures dont l'exécution est impossible : augmenter la TVA au-delà des seuils de tolérance économique, taxer en extraordinaire la petite fortune privée, le chiffre d'affaires de la moyenne entreprise, diminuer encore une fois les rentes (déjà diminuées de 50 %), le tout en pleine récession économique ? Comble et non pas paradoxe ! Voilà la vérité : faire dire non aux Grecs, c'est vouloir faire porter la faute entièrement par eux, y compris la décision de la sortie de la zone euro (pas de l'UE). Mais qu'on ne s'y trompe pas : jouer aux étonnés devant le principe d'une décision du peuple, c'est faire la preuve de la maladie du système européen d'aujourd'hui qui, comble du comble (et non pas innocent paradoxe) se contredit dans ce qui fait ses valeurs fondamentales : la démocratie, le libre-arbitre, la responsabilité. La Grèce est le Cheval de Troie de la faiblesse européenne, de l'Europe dérivante, celle qui est colonisée par la culture financière. Regardez les tapes d'amitié d'un François Hollande dans le dos d'un Alexis Tsipras, analysez le propos méprisant d'un Pierre Moscovici, c'est comprendre que la Grèce, les Grecs cherchent à regagner leur dignité. Certes ils ont triché, mais aujourd'hui, à la fin des fins, qui sont les tricheurs ? Comme le dit la Fable :

 

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

 

Déjà à l'époque, le fabuliste était français (La Fontaine) et le créateur grec (Esope). C'est le comble.