19/03/2015

la Grèce et les autres, Messie ou Schwarze Peter ?

 

Les Grecs seraient-ils devenus revanchards, populistes, ou politiciens amateurs ? réclamer à l'Allemagne des dommages de guerre ! pourquoi pas à Istanbul les dommages du Traité de Lausanne de 1923, ou des 450 ans de dhimmitude ottomane quand l'Islam les traitait en sous-hommes ? cette prétention, qui n'a pas de valeur en droit est politiquement empoisonnée car elle attente au cœur des deux peuples allemands et grecs, à ce qui fait leur dignité. La Troïka des fonctionnaires européens, brillants technocrates cravatés, de 2011 à 2015 a bafoué un Etat-nation, sa souveraineté, ses droits démocratiques, en bref le peuple grec, son sens de l'honneur, sa dignité. Bien sûr que la Grèce a des politiciens corrompus, que l'Eglise ne paye pas d'impôt (elle commence à payer la taxe cadastrale), que l'évasion fiscale est l'apanage de tous, riches et pauvres, à très large échelle, que la Grèce a falsifié ses comptes pour avoir les Jeux Olympiques avec la complicité d'une banque américaine tristement célèbre depuis 2007, mais on ne change pas la mentalité d'un peuple à court terme et en tous cas pas en l'humiliant, de surcroît un peuple dont l'identité culturelle, qui remonte à quelque trois mille ans est l'une des matrices de l'identité occidentale ! de même attaquer les Allemands et personnellement certains de ses dirigeants, alors que c'est l'ensemble des Européens (à l'exception de la France ramollie parce qu'elle est la prochaine malade de la Zone euro et que ce sont ses banques qu'on a sauvées en prêtant à la Grèce) c'est faire fi de la réalité à l'endroit de tous, à commencer par les Grecs. Le Schwarze Peter, cela ne trompe personne et noircit tout son monde. Le mieux serait le grexit et le retour à la drachme, de même pour l'Allemagne le retour au Mark. L'Euro est un leurre maintenu artificiellement au goutte à goutte. Depuis longtemps l'Allemagne notamment, comme la Suisse l'a fait, aurait dû réévaluer et les pays du Sud dévaluer. Ce déni de la réalité économique coûtera cher. Un retour au bon vieux Serpent monétaire, une pincée d'inflation bien contrôlée, voilà la solution et pour la Zone euro et pour la Suisse. A moins que les Etats membres ou les 19 de la Zone décident cette année, et pas plus tard, d'intégrer leurs politiques budgétaires et fiscales. Mais voilà, le Schwarze Peter, ce n'est pas la personnalité, le leader, le prophète à la Churchill, ou à la de Gaulle dont on aurait besoin. Un miracle en l'absence de messie, peut-il avoir lieu ?