18/07/2014

Du vol MH17 trois choses demeurent

 

Du vol MH17 abattu trois choses demeurent : 300 victimes avec plus d'un millier de proches en deuil, une décision prise au plus haut niveau d'une structure étatique de premier plan, une exécution par des professionnels qui ne discutent pas et qui disposent d'une arme rare, chère et complexe.

 

Si l'objectif commun des parties en conflit autour de l'Ukraine avait été l'apaisement, le règlement, la paix, alors, de la conjonction de ces trois facteurs serait née la volonté immédiate de faite toute la lumière sur les causes de la tragédie et d'une manière indiscutable aux yeux de tous.

 

Soit, entre les parties au conflit, se mettre d'accord immédiatement pour bloquer la zone de crash avec les éléments de preuve, mandater une enquête neutre et professionnelle, ouvrir à la trêve inconditionnelle jusqu'à plus informé sur l'enquête, faire parvenir un message de sympathie aux familles, offrir à Malaysian Airways la pleine collaboration des contrôleurs aériens, faire appel par exemple au président de la confédération helvétique pour que l'OSCE veille sur place dès la première seconde (ils sont sur place) au déroulement honnête des opérations d'enquête.

 

Rien de tout cela. Seules ces trois choses demeurent et sans doute demeureront et apparaît  clairement, avec la volonté d'instrumentaliser le chagrin, le but commun d'instaurer progressivement une relation basée sur la force et la terreur. La dignité et le respect des victimes, des familles, de l'homme en général ne sont plus au rendez-vous. Entre Chiites et Sunnites, c'est devenu la coutume hélas, mais entre chrétiens ?

 

11/07/2014

Les douaniers

Une femme perd ses eaux à Brigue devant les douaniers indifférents. Le bébé meurt. Elle et lui étaient venus d'un pays en guerre, d'une guerre sale infiniment, avaient franchi tous les obstacles, dans leur état, promesse de joie, angoisse de mettre au monde, quel monde ? Attentions d'amour, soins de tous les instants, passeurs corrompus, chocs de l'angoisse pour l'autre, ce bébé, pour soi, incertitude, mal-confort de la route, malgré tous et malgré tout espoir, espérance, c'est le tunnel de la vie, ici le tunnel du Simplon, la délivrance en ce pays chrétien au drapeau à la Croix blanche, un canton catholique, un nouvel évêque, une mission déclarée dans la joie, la joie du pape François,  la joie de la naissance, de  la renaissance de l'Eglise, la joie de tous les espoirs, la joie de l'amour, et le bébé qui meurt et la mère qui est pire que morte. Pleurs, pleurs, pleurs. Le massacre en Syrie, pourquoi pas ? C'est loin ! Et le massacre des chrétiens ? C'est politique : on ne bouge pas, de peur de représailles ! C'est ici qu'on les massacre, les chrétiens, non ? Accident, regrets, enquête. Il faut que l'enfant vienne jusqu'à Brig mourir pour que les douaniers comprennent de quoi il retourne ? Mais qui sont ces douaniers ? Ces douaniers, c'est nous, c'est l'Eglise, nous tous qui ne sommes pas concernés, qui avons peur et surtout de bonne raisons d'avoir…raison.  Honte, peine, ce bébé mort, c'est le témoin de notre manière d'être. Pleurs, pleurs, pleurs. Marie, notre Mère, pleure.