11/08/2016

Nécrologie et journaliste

Federico Camponovo, journaliste respectable et respecté, propose dans les 24 Heures de ce 11 août une nécrologie de Jacques Trévaud, ancien président de la Banque Cantonale Vaudoise. L'intention est louable et le personnage en vaut la peine. Son côté mécénat est correctement rendu. Mieux eût valut cependant développer le talent artistique et le goût de Jacques Trévaud qui a fait de la Fondation de la BCV vraisemblablement la plus importante collection d'art indigène de Suisse romande. Cela aurait suscité enfin l'intérêt du public pour des œuvres qui vaudraient qu'on les expose enfin. Au lieu de cela notre journaliste s'est laissé aller à deux erreurs sur le plan bancaire. D'abord les comptes de la banque n'ont pas été bidouillés et les pertes n'ont pas été transformées en profits. C'est ce que le trop fameux ancien procureur du Tessin, comme on aime à le nommer, a cru devoir croire et proclamer à l'époque. Ensuite le seul problème avait bel et bien été la filiale de la BCV aux Îles vierges. Mais la rafale d'acquittements se rapporterait dit-on aux fausses accusions sur le pseudo bidouillage des comptes et non pas sur l'affaire des Îles vierges. M. Componovo n'aurait pas dû faire l'amalgame. Un journaliste se doit de respecter la vérité à propos des morts comme des vivants, même et surtout dans une nécrologie.

16/06/2016

In or not In ?

In or not In ? telle est la question, et non pas Brexit or Brexin ? Quel que soit le résultat du vote le 23 juin, GB demeurera In culturellement, politiquement, économiquement, socialement, émotionnellement. Comment en effet l'UE se passerait-elle de ce partenaire ? Et réciproquement ? Dès lors qu'histoire et intérêt sont communs, tout est possible. Or l'UE est agonisante, non seulement par son absence de vision, d'audace, de courage, mais surtout par son déni de vérité, son idéal rouillé d'intégration, ses grands malades comme la France politicienne. Une preuve : derrière les fumigènes de déclarations lénifiantes répétitives, le chômage est persistant au-delà de tout ce qui est acceptable (depuis plus de 8 années), à commencer par celui des jeunes (une génération sacrifiée avec en plus le pourrissement des structures intergénérationnelles), l'endettement est reporté sur les générations à venir, la création d'illusions économiques par la Banque Centrale Européenne se prolonge sans fin , et l'autosatisfaction autiste des dirigeants et parlementaires européens (en particulier français) persiste et s'exprime à tour de bras comme si les peuples étaient stupides.

Le problème n'est pas Brexit ou Brexin mais la décision du Vivre et de l'Etre dedans, ou bien du Vivre et de l'Etre dehors, et dans les deux cas de relancer les idéaux qui ont présidé à la création de l'Union (CECA, Europe des XII). Il faut pour cela se rassembler chacun sur ses propres valeurs, retrouver son identité propre, renouveler l'idéal européen, le réformer dans l'honnêteté retrouvée de nouveaux leaders enfin inspirés. Des leaders œuvrant dans l'espace commun de la solidarité et non pas dans le trou perdu de la réélection. A ce degré de pourrissement de la réalité de l'UE (non pas de son potentiel ni de sa nécessité), la question pour GB (et pour nous tous) est la conversion, l'aggiornamento de l'UE. Alors, être dedans ou dehors ? Probablement dehors et la question n'est pas Brexit ou Brexin, mais Vivre et Etre dedans ou dehors, et ce pour tous les protagonistes. Y compris pour les Helvètes, lesquels se posent exactement la même question.

05/04/2016

Panama-papers tintamarre ? esbrouffe ?

Tintamarre à Panama, esbroufe médiatique dans le monde, rien de nouveau sous le soleil, les faits jusqu'ici révélés sont archi-connus, avec l'exception piquante de quelques noms offerts en pâture (ce n'est que juste pour eux, mais pourquoi pas tous ?). C'est là le problème : procédures et sociétés dénoncées sont pour la plupart légales, et les avocats ont pour la plupart fait bien leur travail, comme les fiduciaires, et les intermédiaires, certes tels les pharisiens de l'histoire. Parce qu'il y a le droit, et puis il y a ce qui est juste et ce qui est injuste. Quand la loi est ici respectée (elle ne l'est pas toujours) l'éthique ne l'est pas. Mais cela dépend des avocats, même chez nous, oui, en Suisse. C'est une question personnelle. Et les banques ? Noli me tangere, répondent-elles, nous avons nettoyé nos écuries ! et elles ont raison en ce qui les concerne directement. Le problème c'est l'ignorance générale de cette architecture légale entretenue, développée, poussée jusqu'à l'art byzantin par la dynamique d'un véhicule financier scientifiquement développé, déréglementé, mondialisé, qui croît vers l'infini depuis la crise de 2007-2008. Ces lois sont pharisiennes et c'est elles qu'il faut changer, avec la mentalité qui les nourrit. Et si vous ne le faites pas partout de manière comparable, il se présentera toujours une vanne grande ouverte par laquelle s'échappera le flot financier, instantanément, goulument, anonymement, universellement. Ainsi en va-t-il de l'échange automatique de données : un leurre tant que toutes les places les plus sûres, les plus prisées aux USA, en Angleterre et Condominiums, en France et Colonies ou Principautés, etc. etc. ne répondent aux critères de qualité helvétique quant à la définition de la personne en chair et en os qui est l'ayant-droit économique final. Et ce n'est de loin pas encore le cas. Alors Panama-papers, tintamarre ? Esbroufe ? Attention à ce que ces coups d'épée spectaculaires ne détournent pas l'attention des vrais problèmes. Et puis SVP, cessez, vous les Journalistes, de parler de la Place helvétique éclaboussée, et choisissez mieux vos enquêteurs : le monde a changé, nous sommes dans un état de remise en question, je dirai de guerre financière et économique permanente. Vous êtes trop gentils, trop bien élevés, avec Panama-Papers.